Passoires thermiques : définition, loi et rénovation

UNI-MÉDIAS

Publié le : 01/09/2023

5 min de lecture

Depuis le 1er janvier 2025, un bouleversement profond s’est opéré dans le domaine de l’immobilier et du logement en France. Les passoires thermiques – c’est-à-dire les habitations classées G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) – sont désormais interdites à la location. Cette mesure, portée par le ministère de la Transition écologique et inscrite dans la loi Climat et Résilience, marque un tournant inédit dans la politique du logement. Elle vise à réduire la consommation énergétique du parc résidentiel français, à limiter les déperditions de chaleur, à contenir la hausse des factures d’énergie et, in fine, à accélérer la rénovation des logements les plus énergivores, aussi bien à Paris que dans les territoires ruraux. Mais qu’est-ce qu’une passoire thermique exactement ? Pourquoi cette interdiction ? Qui est concerné, notamment dans les copropriétés ? Et quelles aides financières existent pour engager des travaux dans une résidence principale ? On vous dit tout.

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

On parle de passoire thermique – ou de passoire énergétique – pour désigner un logement (appartement ou maison) doté d’une mauvaise isolation parce que mal conçu et/ou équipé d’un système de chauffage inadapté. Murs anciens, toiture mal isolée, vitres simple vitrage, absence d’isolation thermique extérieure, absence de ventilation efficace… Autant de défauts qui concourent à un fort besoin en énergie pour le chauffage l’hiver (ou pour la climatisation l’été), et qui rendent impossible le maintien d’un confort thermique correct.

Selon les normes en vigueur, un logement est considéré comme une passoire thermique dès lors qu’il obtient DPE avec une étiquette énergie dégradée, c’est-à-dire notée F ou G. Concrètement, un logement classé F consomme entre 331 et 420 kWh/m²/an, tandis qu’un logement classé G dépasse les 420 kWh/m²/an. Ces consommations, très élevées, se traduisent par des factures d’énergie importantes, un confort dégradé pour les occupants et un impact environnemental élevé, du fait de la surconsommation énergétique. Le DPE permet précisément d’évaluer ces performances, et guide les politiques publiques pour cibler les logements les plus énergivores.

En France, la proportion des logements considérés comme passoires thermiques est loin d’être négligeable : selon les données de l’observatoire national de la rénovation énergétique, au 1ᵉʳ janvier 2025, on dénombrait environ 30,9 millions de résidences principales, parmi lesquelles 3,9 millions étaient classées F (7,9 %) et 1,5 million (4,8 %) classées G. Ces passoires thermiques sont particulièrement présentes dans les centres urbains anciens, notamment à Paris, mais aussi dans de nombreuses copropriétés construites avant les premières réglementations thermiques.

Pourquoi le gouvernement a décidé l’interdiction des passoires énergétiques ?

D’un côté, ces logements consomment une énergie excessive, souvent pour un confort thermique très relatif. Ils sont fréquemment occupés par des ménages aux revenus modestes, exposés à la précarité énergétique, c’est-à-dire des foyers qui doivent choisir entre chauffer ou se priver de chaleur, voire encore réduire la température chez eux pour limiter les factures d’énergie. Ces situations sont non seulement pénalisantes financièrement, mais peuvent aussi affecter la santé (froid, humidité, mauvais isolement).

De l’autre côté, le vieillissement des passoires thermiques constitue un obstacle majeur aux objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre et de lutte contre le changement climatique. Pourquoi ? Parce que le secteur du bâtiment représente une part importante de la consommation énergétique et des émissions de CO₂ du pays.

Face à cette situation, sociale et environnementale, le gouvernement a donc choisi d’agir en durcissant progressivement les règles pour inciter le bailleur à rénover son bien, ou à le retirer du marché locatif.

Calendrier de l’interdiction de location des passoires thermiques : des nouvelles règles pour les propriétaires

La mise en place de l’interdiction de location des passoires thermiques s’est faite de manière progressive, selon un calendrier bien établi.

Ainsi, en août 2022, le gel des loyers pour les logements classés F ou G (si aucun projet de rénovation n’avait été entrepris à cette date) a été mis en place. L’année suivante, l’interdiction de louer les logements classés G dont la consommation dépassait les 450 kWh/m²/an (des biens appelés « G+ ») a été entérinée. Depuis le 1er janvier 2025, l’interdiction de location pour tous les logements classés G, quelle que soit la consommation, a été mise en place, y compris en copropriétés. En 2028, les logements classés F seront eux aussi interdits à la location. Enfin, en 2034, les logements classés E seront également concernés.

DPE et audit énergétique : les clés pour identifier un logement concerné

Pour savoir si un bien est concerné, le DPE reste le point de départ incontournable. Ce diagnostic, obligatoire pour toute mise en location ou vente, révèle une information capitale, à savoir l'étiquette énergétique (de A à G) selon plusieurs critères : isolation, chauffage, eau chaude, surface, etc. Mais pour les logements anciens, souvent classés F ou G, un simple DPE ne suffit pas toujours : un audit énergétique, plus approfondi, peut être requis, notamment en cas de vente, ou si le propriétaire souhaite engager des travaux de rénovation ambitieux. Cet audit permet d’identifier avec précision les points faibles du bien, et de proposer un plan de travaux clair pour améliorer l’étiquette énergétique, idéalement jusqu’au niveau C ou mieux. Ainsi, DPE et audit énergétique sont devenus des outils centraux de la politique de rénovation — et de la mise en œuvre de l’interdiction de location des passoires thermiques.

Quels travaux pour rendre un logement louable ?

Sortir du statut de passoire thermique nécessite souvent des travaux de rénovation énergétique assez lourds. Voici les principales interventions recommandées :

  • Isolation thermique : toiture, murs, planchers — c’est souvent la priorité, car ce sont les zones par lesquelles s’échappe le plus de chaleur ;

  • Amélioration de la ventilation et suppression des sources d’humidité pour améliorer le confort et la qualité de l’air intérieur ;

  • Remplacement des fenêtres simple vitrage par du double (voire triple) vitrage ;

  • Modernisation du système de chauffage : installation d’une chaudière performante, d’une pompe à chaleur, ou d’un système plus efficient — afin de réduire la consommation.

Ces travaux, s’ils sont correctement pensés, permettent non seulement de passer le DPE dans une classe acceptable, mais aussi d’offrir un confort réel aux occupants, avec des factures d’énergie réduites et un intérieur plus agréable. Autrement dit, la rénovation peut transformer un logement pénalisant en un bien attractif, plus sain et plus durable.

Aides financières : des soutiens pour alléger la note

Conscient du coût et de l’ampleur des rénovations nécessaires, l’État français a prévu plusieurs dispositifs d’aides financières pour accompagner les propriétaires — particuliers ou bailleurs — dans cette transition. Parmi les principaux :

  • MaPrimeRénov’ : gérée par l’anah, elle a pour but de financer des travaux d’isolation ou le remplacement du chauffage, selon les revenus du ménage et la nature du logement ;

  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), des primes proposées par les fournisseurs d’énergie si les travaux réduisent significativement la consommation énergétique ;

  • Les aides locales ou régionales : certaines collectivités proposent des subventions ou des bonus supplémentaires pour encourager la rénovation, en fonction du type de travaux ou de la localisation du logement.

En parallèle, pour le reste à charge, il est possible de contracter un Éco-PTZ, un prêt à taux zéro destiné à financer des travaux d’amélioration énergétique, accessible quel que soit le niveau de ressources.

Grâce à ces dispositifs, le coût de la rénovation peut être fortement réduit — parfois jusqu’à la prise en charge d’une grande partie des travaux. Pour les propriétaires, c’est un levier important pour rendre leur logement conforme, tout en préservant la valeur de leur bien.

Que risque un propriétaire en cas d’infraction ?

Le cadre légal prévoit des sanctions pour les propriétaires qui ne respecteraient pas l’interdiction de location des logements classés G. Parmi les principaux risques :

  • L’impossibilité d’augmenter le loyer en cas de logement classé F ou G non rénové ;

  • La suspension ou l’annulation du bail si le logement venait à être jugé non conforme ;

  • Une décote à la vente ou impossibilité de revendre facilement un logement classé G.

Autrement dit : un logement énergivore non rénové peut devenir un fardeau pour son propriétaire, financièrement et juridiquement.

Une politique ambitieuse — mais des défis persistants

L’interdiction de louer les passoires thermiques a été un tournant. Elle exprime la volonté du gouvernement de moderniser le parc immobilier, de favoriser la rénovation énergétique et de lutter contre la précarité énergétique.

Pourtant, des défis importants demeurent :

  • Le coût des travaux peut être élevé, même avec les aides ;

  • Certaines rénovations, dans les maisons anciennes ou classées, sont difficiles à mener (contraintes techniques, urbanistiques, ou patrimoniales) ;

  • Le rythme de mise en conformité peut être insuffisant au regard des ambitions.

De plus, le calendrier strict — avec des échéances déjà fixées jusqu’en 2034 — met une forte pression sur les propriétaires, qui doivent anticiper pour ne pas perdre l’usage locatif de leur bien. Mais pour celles et ceux qui s’engagent, c’est une opportunité : non seulement de rendre leur logement plus confortable, mais aussi de valoriser le bien sur le long terme, d’attirer des locataires, et d’inscrire leur patrimoine dans la transition écologique.

Loi sur les passoires thermiques : ce qu’il faut retenir

La loi sur la location des passoires thermiques incarne un changement d’époque pour le secteur du logement en France. Depuis le 1er janvier 2025, les biens les plus énergivores — classés G — ne sont plus louables. Dans les années à venir, les classes F puis E seront également concernées.

Cette interdiction n’est pas une fin en soi, mais un levier. Elle pousse vers la rénovation, vers des logements plus efficaces, plus confortables, plus respectueux de l’environnement. Grâce au DPE, à l’audit énergétique, et aux aides financières mobilisables, il est aujourd’hui possible — et même nécessaire — de transformer les anciens, souvent pénalisants logements en véritables biens durables.

Pour les propriétaires comme pour les locataires, c’est une chance : celle d’allier confort, économie, responsabilité climatique et pérennité du patrimoine.

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Vous avez des questions ?

    Comment interpréter les résultats du DPE ?

    L’avantage du DPE, c’est qu’il vous permet de connaître la notation de votre logement d’un seul coup d’œil :

    • La classe A et la classe B correspondent aux logements les plus économes en énergie, c’est-à-dire les bâtiments basse consommation (label BBC) ;
    • La classe C désigne les logements aux performances standards ;
    • La classe D et la classe E correspondent aux logements peu économes en énergie, qui n’entrent pourtant pas dans la catégorie des passoires énergétiques ;
    • La classe F et la classe G désignent les logements les plus énergivores, qu’on appelle aussi passoires thermiques.
    Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

    Selon les pouvoirs publics, la France compte plus de 5,2 millions de passoires thermiques, soit une habitation sur quatre. Pour certains experts, il y en aurait en réalité plus du double… Pour faire simple, une passoire thermique, c’est un logement qui ne retient ni la chaleur l’hiver ni la fraîcheur l’été. La faute à une mauvaise isolation de ses murs, de sa toiture, de ses fenêtres, ou encore d’une ventilation défaillante. 

    Son Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) affiche une étiquette F ou G. Autrement dit, sa consommation énergétique est supérieure à 330 kWh par m2 et par an. Une surconsommation qui n’est évidemment pas sans conséquences sur les finances de ses occupants, particulièrement lorsque l’on sait que 14 % des Français (soit 3,8 millions de ménages) sont en situation de précarité énergétique. Ce qui signifie qu’ils consacrent plus de 10 % de leurs revenus aux factures énergétiques de leur logement. 

    De plus, les passoires thermiques, en plus de provoquer une sensation de froid permanente, même lorsque le chauffage est poussé à la température maximale, sont souvent responsables de problèmes d’humidité : dans ces logements difficiles à chauffer, le froid s’installe rapidement. En conséquence, les différentes pièces du logement ont souvent un fort taux d’humidité, reconnaissables par certains indices : la condensation sur les fenêtres, des taches sur les murs et les plafonds… Une forte humidité qui, au fil du temps, peut déclencher ou aggraver des maladies respiratoires ou autres pathologies (bronchites chroniques, arthrose, anxiété et dépression, maux de tête).

    Quelles sont les informations fournies dans le rapport de diagnostic energétique ?

    Le DPE comporte deux étiquettes :

    • L’étiquette « énergie », située à gauche du document, indique la consommation énergétique du logement. Le calcul est exprimé en kWhEP/m².an. La note va de A pour les logements économes (niveau du label BBC) à G pour les logements les plus gourmands en énergie.
    • L’étiquette « climat », située à droite du document, permet de connaître la quantité de gaz à effet de serre émise par le logement. Le calcul est exprimé en kg eq CO2/m2.an. Les performances de ces émissions vont de A à G, selon que le logement rejette une quantité faible ou importante de gaz à effet de serre.

    Également visibles sur un DPE, des recommandations qui permettent à l’acquéreur, au propriétaire, au bailleur ou au locataire, de connaître les mesures les plus efficaces pour économiser de l’énergie : il s’agit de conseils de bon usage et de bonne gestion du bâtiment et de ses équipements, ainsi que de recommandations de travaux.

    Notez que ces travaux ne sont pas obligatoires : le DPE a pour objectif d’inciter à améliorer la performance énergétique du bâtiment, pas d’obliger à la réalisation de travaux.

    Enfin, notez que depuis le 1er janvier 2023, les consommations d’énergie primaire et finale apparaissent également sur la première page du DPE.

    Est-il possible de vendre sa maison ou son appartement avec un DPE classé F ou G ?

    Si, depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location (il en sera de même pour les logements classés F à compter du 1er janvier 2028 et les logements classés E à compter du 1er janvier 2034), la vente d’un logement avec un DPE classé F ou G reste autorisée aujourd’hui. 

     

    Cependant, des obligations d’information et de transparence s’imposent au vendeur. Ainsi, un DPE doit être réalisé avant la mise en vente et sa classe énergétique (de A à G) doit apparaître sur les sites d’annonces immobilières (agences ou particuliers), les affiches vitrines, mais aussi les supports publicitaires (internet, journaux, portails). Notez qu’il y a également obligation de fournir à l'acheteur un audit énergétique pour lestoute vente de maisons individuelles classées passoires énergétiques (E, F et G). 

     

    En revanche, et c’est logique, un logement classé F ou G sera bien plus difficile à vendre qu’un bien mieux classé, notamment parce que les potentiels acheteurs savent pertinemment qu’ils devront obligatoirement engager des travaux de rénovation pour améliorer sa performance énergétique. Mais aussi se conformer aux futures interdictions de location. 

     

    Concernant les conséquences d’un mauvais DPE sur le prix de vente, sachez que selon les données des notaires de Franceun bien classé F ou G se vend entre 10% et 20% moins cher qu’un logement équivalent mieux noté. Dans certaines zones rurales ou dans les environs de Paris, la décote peut même dépasser 20%, notamment lorsque les travaux estimés sont particulièrement lourds (isolation, changement de chauffage, ventilation, etc.). 

     

    En parallèle, l’impact d’un mauvais DPE influe également sur la vitesse à laquelle un bien immobilier se vend. Ainsi, les logements classés F ou G restent en moyenne 84 jours sur le marché, contre 79 jours pour ceux classés de A à E… 

     

    Enfin, la hausse du coût de l’énergie, qui rend les logements énergivores beaucoup moins attractifs, est également un facteur à prendre en compte. 

    Quel DPE ne peut plus être loué ?

    Depuis le 1er janvier 2025, tous les logements notés G sont interdits à la location. Cela représente environ 600 000 habitations selon le ministère de la Transition écologique. 
    Les propriétaires concernés doivent rénover ou changer d’usage leur bien (vente, location saisonnière, logement secondaire…). 

     

    Les logements classés F seront à leur tour interdits à la location à partir du 1er janvier 2028.  

    Selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique, la France compte environ 2,6 millions de logements F et G.  

     

    Enfin, à partir du 1er janvier 2034, les logements classés E ne pourront plus être loués. 

     

    En clair : seuls les logements classés A, B, C ou D pourront encore être proposés à la location à long terme. 

     

    Pour rappel, un DPE est valable 10 ans, sauf pour les anciens diagnostics réalisés avant la réforme du 1er juillet 2021  : ils ne sont, pour leur part, plus valables. 

    Si votre DPE est ancien, il doit donc être refait avant toute mise en location. 

     
    Attention : depuis 2021, le DPE est opposable, ce qui signifie qu’un locataire peut attaquer un bailleur si les informations indiquées sur le DPE sont erronées. 

     

    Comment savoir si je vis dans une passoire thermique ?

    Plusieurs indices peuvent indiquer que votre logement est particulièrement énergivore, à commencer par des factures d’énergie très élevées, bien supérieures à la moyenne : selon l’Insee, les ménages vivant dans une passoire thermique dépensent en moyenne 2 300 € par an en chauffage, contre 1 200 € pour ceux habitant un foyer bien isolé. 

     

    Autre signal à prendre en considération, un confort thermique dégradé : froid persistant en hiver, surchauffe en été, sensation de parois froides ou d’humidité… Autant de signes qui laissent à penser que vous vivez dans une « passoire thermique ». 

     

    Pour en avoir le cœur net, il vous suffit de vérifier la consommation d’énergie finale indiquée sur vos factures d’énergie, également notifiée dans votre espace personnel sur le site de votre fournisseur. Le seuil critique retenu pour les logements très énergivores est de 450 kWh/m²/an (énergie finale). 

     

    En outre, si votre logement est équipé d’un système de chauffage ancien et peu performant (chaudière fioul, convecteurs électriques d’ancienne génération, radiateurs sans régulation…), il y a fort à parier que vos factures d’énergie sont particulièrement salées. 

     

    Enfin, si votre DPE date d’avant juillet 2021, il est probablement obsolète… Dès lors, une seule solution : faire appel à un professionnel agrée pour qu’il réalise un nouveau DPE. 

    Quels travaux pour une passoire thermique ?

    Avant toute chose, il convient de faire réaliser un DPE ou un audit énergétique pour identifier les postes de travaux prioritaires. Généralement, Il est primordialil sera recommandé de commencer par l’isolation de la toiture et des combles de votre bien. C’est le poste le plus rentable puisque, selon l’ADEME, il permet jusqu’à 30 % d’économies. 

     

    Par la suite, il vous faudra vous attaquer à l’isolation des combles perdus ou des rampants : elle peut se faire par soufflage de laine de verre, de laine de roche ou de ouate de cellulose. 

     

    Ensuite, place à l’isolation des murs. Responsables d’un quart des déperditions, ces derniers peuvent être isolés : 

    • soit par l’intérieur (ITI), une méthode plus économique mais réduisant légèrement la surface habitable ; 
    • soit par l’extérieur (ITE), une méthode plus coûteuse mais plus efficace… et sans perte d’espace habitable. 

     

    Une fois cette étape franchie, il faudra s’atteler au remplacement des menuiseries. Les fenêtres à simple vitrage sont évidemment à bannir. Privilégiez des modèles à double ou triple vitrage qui limiteront nettement les fuites de chaleur et, de surcroît, amélioreront le confort acoustique de votre logement. 

     

    Place enfin à l’isolation des planchers bas. Souvent négligée, elle évite pourtant 10 % de pertes thermiques. Notez que l’isolation par le dessous est particulièrement efficace dans les maisons pourvues de sous-sol ou de vide sanitaire. 

     

    Une fois le logement correctement isolé, il sera pertinent d’investir ventilation mécanique contrôlée (VMC) – simple ou double flux : en plus d’assurer une qualité d’air intérieur optimale, une ventilation performante régulera aussi l’humidité, limitera les variations de température entre les pièces et réduira le recours au chauffage ou à la climatisation. Enfin, il sera temps d’investir dans un système de chauffage performant. 

     

    Quels sont les biens qui seront interdits à la location en 2026 ?

    Depuis la loi Climat et Résilience de 2021, la France s’est engagée dans une lutte acharnée contre les « passoires thermiques », ces logements mal isolés et très énergivores qui pèsent lourdement sur les factures de leurs habitants, mais aussi sur le climat. 

     

    Conséquences : depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location. À compter du 1er janvier 2028, les logements classés F seront interdits à la location. À compter du 1er janvier 2034, les logements classés E seront interdits à la location. 

     

    Notez que depuis le 1er janvier 2026, une réforme importante du DPE est entrée en vigueur : elle modifie notamment le coefficient de conversion de l’électricité (qui passera de 2,3 à 1,9), ce qui signifie que certains logements chauffés à l’électricité, auparavant mal classés, pourraient gagner une ou deux classes énergétiques. Pour en avoir le cœur net, rendez-vous sur l’Observatoire des DPE. 

     

    Autrement dit, certains logements qui auraient été soumis à l’interdiction de location pourraient finalement y échapper si leur classement s’améliore grâce à ce nouveau calcul. 

     

    Selon le ministère de la Transition écologique, cette évolution du mode de calcul du DPE devrait avoir un impact considérable sur le parc immobilier français puisqu’environ sept millions de logements seraient susceptibles d’améliorer leur étiquette énergétique d’au moins une classe. 

     
    Parmi eux, près de 850 000 habitations aujourd’hui classées F ou G – les fameuses passoires thermiques – pourraient sortir automatiquement de cette catégorie, sans qu’il ne soit nécessaire de réaliser des travaux.