Vous souhaitez vous équiper de panneaux solaires photovoltaïques ? Plusieurs aides, publiques ou non, sont disponibles. Revue de détails.
Pour accélérer la transition énergétique et atteindre la neutralité carbone, un objectif fixé par la loi Énergie et Climat voté en 2019, le Gouvernement a lancé son plan solaire(1). Objectif ? Faire progresser la part des énergies renouvelables via différents leviers. Parmi eux, la possibilité pour les entreprises et les particuliers de bénéficier d’aides financières à l’installation de panneaux photovoltaïques.
Tout savoir sur l'obligation d'achat
L’obligation d’achat est un mécanisme obligeant l’opérateur historique ou un opérateur local à acheter tout ou partie de l’électricité que vous produisez via votre installation solaire à un tarif fixé par arrêté. S’il change tous les trois mois, le tarif qui vous sera accordé sera celui en vigueur au moment où vous demanderez votre raccordement au réseau pour y diffuser votre production d’électricité.
Par la suite, ce tarif sera garanti pendant 20 ans.
Bon à savoir !
Pour les installations supérieures à 3 kWc, les revenus tirés de la vente d'électricité sont imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Tout savoir sur la prime à l’autoconsommation
Les installations solaires permettant l’autoconsommation et d’une puissance inférieure ou égale à 100 kWc sont éligibles à une prime à l'investissement, dégressive et variable en fonction de la puissance de ladite installation. Elle oscille généralement entre 100 et 300 euros.
Si elle peut être obtenue sans condition de ressources, elle nécessite que vous optiez pour l’autoconsommation avec vente du surplus. Autrement dit, que vous consommiez une partie de l’électricité que vous produisez ET que vous revendiez l’autre partie à EDF Obligation d’Achat (EDF OA) – ou à toute autre entreprise locale de distribution (ELD) – qui se chargera de la réinjecter sur le réseau.
Les conditions de son obtention, son montant et son fonctionnement sont régis par un arrêté publié au Journal Officiel le 6 octobre 2021. Pour résumer, la prime vous sera versée automatiquement par l’acheteur obligé en même temps que vos revenus générés par la vente de votre surplus.
Bon à savoir !
Le tarif d’achat de votre surplus d’électricité est établi par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Il est fixé pendant 20 ans (arrêté de mai 2017). Vous n’aurez donc pas de mauvaises surprises…
La TVA déductible
Les installations photovoltaïques d'une puissance inférieure ou égale à 3 kWc peuvent bénéficier d'un taux de TVA à 10 %. Notez qu’à compter du 1er octobre 2025, un nouveau taux de TVA à 5,5 % s'appliquera, une mesure qui vise à encourager l'autoconsommation énergétique et à rendre les énergies renouvelables plus accessibles.
Ce nouveau taux concernera les installations photovoltaïques d'une puissance inférieure ou égale à 9 kWc. Pour bénéficier de ce taux réduit, l'installation devra être associée à des dispositifs de gestion de l'énergie ou de stockage.
Notez qu’il est également possible de bénéficier actuellement d'une exonération d'impôt sur le revenu si la puissance de votre installation est inférieure à 3 kWc, qu’elle est raccordée au réseau public en 2 points au plus et qu’elle n'est pas affectée à l'exercice d'une activité professionnelle.
Quid des aides MaPrimeRénov’ ?
Toutefois, si les modèles de panneaux solaires que vous avez choisis sont « thermiques » ou « hybrides », alors vous pourrez – sous certaines conditions de revenus – bénéficier d’aides issues du dispositif MaprimeRénov’ : entre 2 000 euros et 4 000 euros pour les panneaux solaires « thermiques » et entre 4 000 euros et 10 000 euros pour les panneaux solaires « hybrides ».
Dans tous les cas, les ménages aux ressources supérieures ne sont pas éligibles.
Les aides locales
Selon votre lieu d’habitation, vous pouvez peut-être bénéficier d’aides locales pour financer l’installation de vos panneaux solaires.
Parmi elles :
Des soutiens au photovoltaïque et au solaire thermique dans la région Grand Est ;
Le dispositif Effilogis en Bourgogne Franche-Comté ;
Le dispositif Provence Éco-Rénov dans le département des Bouches-du-Rhône ;
Le dispositif Rénov’ Habitat Durable proposé par l’agglomération de Valence Romans.
Pour savoir si des aides locales existent dans votre région, vous pouvez prendre contact directement avec votre mairie, votre communauté de communes ou encore l’antenne de votre département et/ou de votre région.
Achat comptant / fonds propres
Financer vos panneaux solaires avec votre épargne, c’est payer directement l’installation, sans passer par un crédit. Vous réglez la facture avec l’argent dont vous disposez et n’avez ensuite aucune mensualité à rembourser.
Le premier avantage est simple : vous ne payez ni intérêts ni frais de crédit. Les équipements vous appartiennent et, dès qu’ils fonctionnent, vous pouvez réduire votre facture d’électricité en consommant votre propre production. Si vous vendez l’électricité que vous n’utilisez pas, vous percevez aussi un revenu complémentaire.
Encore faut-il pouvoir financer les travaux sans vider vos comptes. L’idéal est de garder suffisamment d’argent de côté pour faire face aux imprévus. Avant de vous décider, comparez ce que les panneaux pourraient vous faire économiser et vous rapporter, une fois les frais d’entretien et de fonctionnement déduits, avec ce que cette même somme vous rapporte aujourd’hui sur vos placements.
Pour une même installation, payer comptant revient moins cher que souscrire un crédit avec intérêts. Les économies et les revenus générés permettent donc généralement de récupérer plus vite votre mise de départ. Mais vous devez débourser une somme importante en une seule fois. À crédit, vous conservez davantage d’épargne disponible et répartissez la dépense sur plusieurs années. En contrepartie, les intérêts et les éventuels frais s’ajoutent au prix de l’installation.
Solution de financement bancaire
Au-delà des aides publiques, plusieurs solutions de financement bancaire existent pour concrétiser un projet solaire. Ainsi, le crédit personnel ou le prêt travaux permettent de financer rapidement une installation, sans condition d’éligibilité liée à la performance énergétique, mais avec des taux variables selon les établissements et la durée de l’emprunt. Ces solutions offrent une grande souplesse, notamment pour les projets de petite ou moyenne envergure, ou lorsque les aides ne couvrent qu’une partie du coût total.
En complément, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) constitue une option particulièrement avantageuse. Sans intérêts, il peut atteindre jusqu’à 50 000 € pour des travaux de rénovation énergétique, à condition qu’ils s’inscrivent dans une logique d’amélioration globale de la performance du logement. Dans le cas d’un projet solaire, il peut financer des équipements couplés à d’autres travaux (isolation, chauffage, ventilation), dès lors qu’ils contribuent à un gain énergétique mesurable.
Autre atout de l’éco-PTZ : il est cumulable avec d’autres dispositifs, comme la prime à l’autoconsommation, les certificats d’économies d’énergie (CEE) ou encore MaPrimeRénov’. Ces différentes combinaisons permettent d’optimiser le plan de financement et de réduire significativement le reste à charge, tout en étalant le remboursement sur une durée pouvant aller jusqu’à 15 ans, voire 20 ans dans certains cas (rénovation globale ou cumul avec MaPrimeRénov’).
Tiers-investissement
Avec le tiers-investissement, vous faites installer des panneaux solaires sans payer les travaux au départ. Une entreprise finance les équipements et s’occupe de la pose. Elle récupère ensuite son investissement de différentes façons, selon le contrat : vous lui versez un loyer, vous lui achetez l’électricité produite ou elle vend elle-même tout ou partie de la production. Les panneaux peuvent rester sa propriété ou devenir les vôtres à certaines conditions, à vérifier avant de signer.
Cette formule concerne surtout les entreprises et les collectivités, mais elle existe aussi pour les particuliers, notamment à travers la location de panneaux solaires. Le fonctionnement est assez simple : vous payez un loyer chaque mois et consommez l’électricité produite sur votre toit. Vous avez donc moins d’électricité à acheter à votre fournisseur. Les économies peuvent couvrir une partie du loyer, voire sa totalité, mais ce n’est pas automatique. Avant de vous lancer, comparez les économies et les revenus attendus avec les sommes à verser. Regardez aussi combien de temps vous vous engagez, ce que l’entretien comprend et ce qui est prévu si vous souhaitez acheter les panneaux ou vendre votre maison.
Prenons l’exemple d’une installation de 3 kWc proposée à 59 euros TTC par mois pendant 25 ans, sans apport initial. Ce prix comprend la pose, le suivi de la production et la maintenance. Cela représente 708 euros à payer chaque année. Pour que les panneaux couvrent cette dépense, vos économies d’électricité et les éventuels revenus de la vente du surplus doivent donc atteindre au moins ce montant. Sur 25 ans, vous aurez versé au total 17 700 euros, à condition que le loyer n’augmente pas entre-temps.
Comparaison aides vs crédit
On vient de le voir, pour financer des panneaux solaires, deux grandes options se distinguent : les aides financières (subventions, primes) et les solutions de crédit. Les aides, comme la prime à l’autoconsommation ou certaines subventions locales, permettent de réduire directement le coût du projet, sans remboursement, mais elles sont souvent conditionnées (type d’installation, puissance, revenus, recours à un artisan RGE…).
À l’inverse, les crédits – prêt travaux, crédit personnel ou éco-PTZ – offrent un financement immédiat, généralement plus souple, mais impliquent un remboursement sur plusieurs années.
Autre point de comparaison important : les montants accessibles via les aides sont souvent limités, tandis que les prêts permettent de couvrir la totalité du projet. La durée varie également : immédiate pour les aides (avec parfois des délais de versement), contre plusieurs années pour les crédits.
Conclusion : l’idéal consiste souvent à combiner les deux, en utilisant les aides pour réduire le coût global et le crédit pour lisser le reste à charge dans le temps (voir plus bas).
Voici un petit tableau récapitulatif pour vous aider à y voir plus clair :
Comparaison aides vs crédit
|
Critères |
Aides financières |
Solutions de crédit |
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Montant |
Partiel (souvent plafonné) |
Jusqu’à 100 % du projet |
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Coût |
Gratuit (pas de remboursement) |
Avec intérêts (sauf éco-PTZ) |
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Durée |
Versement ponctuel (parfois différé) |
Remboursement sur 5 à 20 ans |
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Conditions d’accès |
Nombreuses (revenus, RGE, type de travaux) |
Plus souples (selon la banque) |
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Délais |
Parfois longs (instruction des dossiers) |
Rapides (déblocage des fonds) |
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Flexibilité |
Limitée |
Élevée (montant et durée ajustables) |
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Objectif principal |
Réduire le coût des travaux |
Financer le reste à charge |
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Cumul possible |
Oui (avec crédits et autres aides) |
Oui (avec aides financières) |
Offres bancaires du Crédit Agricole
Pour accompagner les projets de rénovation énergétique, certaines banques proposent des offres dédiées. C’est notamment le cas du Crédit Agricole, qui met à disposition des solutions de financement adaptées, allant du prêt travaux classique à des dispositifs spécifiques pour la transition énergétique. Ces offres peuvent inclure des conditions préférentielles, un accompagnement personnalisé et des outils de simulation pour estimer le coût et le financement du projet. L’objectif : faciliter l’investissement dans des équipements comme les panneaux solaires, tout en maîtrisant son budget sur le long terme.
Cumul aides + crédit : une stratégie gagnante
Dans la plupart des cas, le financement d’un projet solaire repose sur une combinaison d’aides et de crédit. Concrètement, les aides publiques – comme la prime à l’autoconsommation ou les certificats d’économies d’énergie – viennent réduire le coût initial, tandis qu’un prêt (prêt travaux ou éco-PTZ) permet de financer le reste à charge.
Dans la pratique, combiner aides et financement bancaire permet de rendre un projet solaire beaucoup plus accessible.
Prenons un exemple concret : un foyer souhaite installer des panneaux photovoltaïques pour un coût total de 15 000 €. Il bénéficie de 3 000 € de prime à l’autoconsommation et de 1 000 € d’aides locales, soit 4 000 € déduits. Le reste à charge tombe alors à 11 000 €.
Plutôt que de mobiliser cette somme immédiatement, le ménage peut souscrire un prêt travaux sur 12 ans, soit environ 90 à 100 € par mois à rembourser. Dans le même temps, les économies réalisées sur la facture d’électricité (par exemple 50 à 70 € par mois) dues à l’installation d’un système solaire viennent compenser une partie des mensualités.
Résultat : un effort financier réel… Mais maîtrisé, avec un investissement qui s’amortit progressivement tout en valorisant le logement et en réduisant durablement les dépenses énergétiques.



