En procédant au calorifugeage de vos canalisations, celles dans lesquelles circulent de l'eau ou des fluides caloporteurs, vous limiterez vos déperditions thermiques et ferez alors des économies d’énergie. Explications.
Le calorifugeage consiste à isoler les tuyaux de chauffage et d’eau chaude, qui transportent le fluide d’une chaudière ou d’une pompe à chaleur jusqu’aux radiateurs, robinets et autres pommeaux de douche présents dans une maison ou un appartement.
Autrement dit, le calorifugeage consiste à enrober un tuyau par un isolant calorifuge. Depuis le 1er mai 2022, ce dernier doit être conforme à la réglementation thermique en vigueur, c’est à dire de classe 4. Il peut être composé de plusieurs types d’isolants, comme la laine de verre, le liège, le polystyrène, la mousse phénolique ou le verre cellulaire.
Quel est l’intérêt de calorifuger vos canalisations ?
L’isolation des canalisations d’eau et de chauffage permet d’éviter les déperditions de chaleur, et donc les potentiels écarts de température. Le calorifugeage peut s’avérer particulièrement utile sachant que les pertes de chaleur au niveau des tuyauteries peuvent s’avérer importantes. Pourquoi ? Tout simplement parce dans la plupart des cas, les chauffe-eaux, les chaudières ou encore les pompes à chaleur se trouvent dans des pièces relativement éloignées des points d’ouvertures (radiateurs, robinets et autres pommeaux de douche). Résultat : une perte d’environ 20 % des calories produites par le système de chauffage ou de production d'eau chaude sanitaire. Des pertes, qui, bien évidemment, ne seront pas sans incidences sur votre facture énergétique.
Bon à savoir
Le calorifugeage de votre installation de tuyauterie vous permettra de réaliser jusqu'à 10% d'économies d'énergie par an.
Calorifugeage : combien ça coûte ?
Le prix d’un calorifugeage dépend des matériaux utilisés et de la longueur de votre installation.
Pour vous faire une idée, le montant moyen d’un calorifugeage de tuyauterie oscille en moyenne entre 5 euros et 10 euros par mètre linéaire.
Calorifugeage : est-il obligatoire de faire réaliser un bilan énergétique
Non. Mais parce que le calorifugeage fait partie des travaux d’isolation thermique, il est fortement conseillé, avant de vous engager dans l’isolation de vos canalisations d’eau et de chauffage, de réaliser un bilan énergétique.
À la différence du diagnostic de performance énergétique (DPE) – obligatoire et qui permet de noter la consommation d’énergie d’un logement (ou bâtiment) et son impact en terme d’émissions de gaz à effet de serre de A (meilleure note) à G (moins bonne note, la plus énergivore) –, le bilan énergétique, non obligatoire, vous permettra de connaître avec précision la carte des déperditions thermiques de votre logement, ainsi que toutes les solutions d’isolation pour y remédier.
Notez qu’il existe un autre diagnostic, le diagnostic technique global (DTG) qui, lui, a pour but d’informer les copropriétaires sur la situation générale de leur immeuble et de les aider à savoir quels travaux envisager.
Il est d’ailleurs obligatoire pour certaines copropriétés :
Nouvelle copropriété : immeuble de plus de 10 ans et faisant l’objet d’une mise en copropriété
Copropriété présentant des désordres : péril, insalubrité…
Calorifugeage : comment bénéficier des aides financières ?
Différentes aides financières sont disponibles pour vous aider à financer l’isolation de votre système de tuyauterie.
Parmi elles :
MaPrimeRénov’ : accessible à différents profils de propriétaires, mais ses conditions d’accès et ses montants varient selon les revenus du ménage et la nature des travaux. Elle est cumulable avec la Prime Énergie et certaines aides locales.
Les Primes Énergie : issues du dispositif CEE (Certificats d’Économie d’Énergie), vous êtes éligible aux Primes Energie en tant que propriétaire ou locataire. Elles vous seront versées sous forme de primes à la fin des travaux de rénovation énergétique de votre logement.
Autres possibilités :
L’éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) : il s’agit d’un prêt bancaire qui peut être réalisé dans une banque ayant signé une convention avec l’État. Il est destiné à financer vos travaux d’efficacité énergétique. Sa particularité réside dans le fait que ses intérêts sont pris en charge par l’État, et qu’il est accordé sur la base de montants fixes en fonction d’une liste de travaux définis.
Une TVA 5,5% : la taxe sur la valeur ajoutée bénéficie d’un taux réduit pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique.
Des aides locales : pour savoir si vous pouvez en bénéficier, rapprochez-vous de votre mairie.
Dans tous les cas, vos travaux devront être réalisés par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Le calorifugeage plus éligible à MaPrimeRénov’ en tant que geste isolé
En 2026, le calorifugeage des réseaux de chauffage et d’eau chaude sanitaire ne peut plus être financé par MaPrimeRénov’ en tant que geste unique. Cette évolution s’inscrit dans le recentrage du dispositif sur les rénovations globales et les travaux les plus structurants, capables de générer des gains énergétiques significatifs à l’échelle du logement.
Concrètement, cela signifie qu’un particulier ne peut plus déposer une demande MaPrimeRénov’ uniquement pour isoler ses tuyauteries, même si cette opération reste pertinente sur le plan technique. Le calorifugeage peut toutefois être intégré dans un bouquet de travaux plus ambitieux, notamment dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, où il vient en complément d’autres actions comme l’isolation des murs, de la toiture ou le remplacement du système de chauffage.
Bon à savoir !
Pour engager une rénovation d’ampleur, un échange en amont avec un conseiller du réseau France Rénov’ est désormais incontournable avant toute demande d’aide MaPrimeRénov’. Gratuit et neutre, ce rendez-vous vise à analyser votre situation et à structurer efficacement votre projet. Il permet notamment de déterminer les travaux les plus adaptés à votre logement, faire le point sur les aides financières mobilisables, mieux appréhender les différentes étapes du parcours de rénovation et être orienté vers des professionnels qualifiés (Accompagnateur Rénov’, artisans RGE, etc.). À l’issue de cet entretien, une attestation vous est délivrée. Ce document est obligatoire et doit impérativement être joint à votre dossier de demande d’aide.
En parallèle, cette opération continue de bénéficier d’un soutien financier via le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE). Dans ce cadre, les fournisseurs d’énergie (électricité, gaz, carburants) proposent des primes pour encourager la réalisation de travaux d’efficacité énergétique, dont le calorifugeage. Ces aides, souvent versées sous forme de primes, de bons d’achat ou de remises sur facture, permettent de réduire significativement le coût de l’opération.
Le calorifugeage reste en effet une intervention simple, rapide à mettre en œuvre et particulièrement rentable. En limitant les pertes de chaleur dans les réseaux, il améliore immédiatement la performance énergétique du logement et réduit la consommation d’énergie, notamment dans les bâtiments collectifs ou les maisons équipées de réseaux de distribution étendus.
Ainsi, même s’il sort du périmètre des aides MaPrimeRénov’ en tant qu’action isolée, le calorifugeage demeure encouragé dans une logique d’efficacité énergétique, grâce au relais des CEE, qui continuent d’en faire un levier accessible pour les ménages souhaitant optimiser leur installation.




